Le moyen efficace contre l’ignorance

Je sais que je ne sais pas.

Par-delà l’ignorance, pars de là, ignorance !

Pour résumer cet article et vous inciter à le lire, je dirai que l’étape majeure pour se libérer de l’ignorance est de se connaître soi-même. C’est cette étape que je vais développer ici.

La plupart des gens pensent qu’accumuler des connaissances est signe d’intelligence, d’intégration au modèle sociétal.

J’ai accumulé des connaissances pendant ma vie d’enfant, ma vie scolaire, ma longue vie universitaire. J’ai continué longtemps jusqu’au jour où j’ai pris conscience qu’acquérir des connaissances n’est qu’une étape.

Il faut ensuite savoir se les approprier et le terme savoir n’est pas choisi au hasard ! Enfin il faut être capable de les vivre, de les ressentir, de les exprimer par son état d’être, son moi profond. Cette dernière étape est la plus difficile, mais aussi la plus épanouissante pour soi et pour son entourage. A ce stade d’évolution personnelle, je parle d’accès à la Connaissance, aux mystères, au subtil, à ce qu’il y a par-delà les apparences.

Voilà où j’en étais à une certaine époque de ma vie. Le temps a passé et m’a fait prendre conscience de quelque chose dont je connaissais, bien sûr, l’existence, mais à laquelle je n’avais jamais été réellement confrontée ou en tout cas pas de façon aussi répétée et martelée.

Une expérience de vie éclairante

Diverses rencontres et expériences de vie m’ont exposée à des personnes que je ne suis pas arrivée à comprendre, avec lesquelles, je n’ai pas été sur la même longueur d’onde. J’ai mis à peu près un an et demi pour avoir la révélation : je venais de croiser la connerie à l’état pur, tellement pure et parfaite qu’il m’avait fallu un an et demi pour la reconnaître, la diagnostiquer et trouver le point commun de ces personnes. Ce fut le premier stade de ma compréhension. Après analyse plus fine, j’ai rebaptisé connerie en ignorance et j’ai eu envie de travailler sur ce sujet.

Jusque-là, je connaissais l’ignorance pour l’expérimenter moi-même, en ce sens que je sais que je ne sais pas. Mais ce que je ne soupçonnais pas, c’est que des personnes étaient ignorantes, mais ne le savaient pas. C’est évidemment ce stade que je qualifie de connerie. Pourtant j’aurais dû me souvenir de la fameuse formule : « Les cons osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît » ou celle de Victor Hugo : « Il y a deux manières d’ignorer les choses : la première, c’est de les ignorer, la seconde, c’est de les ignorer et de croire qu’on les sait ; la seconde est pire que la première » fin de citation.

Dans le langage courant, ignorer c’est ne pas savoir, c’est aussi ne pas tenir compte de quelque chose ou de quelqu’un. Un bouddhiste évoquera le voile de l’ignorance recouvrant le mental des hommes et empêchant d’accéder à la réalité.

Ignorer c’est ériger une erreur en vérité, par exemple. L’ignorant qui ne sait pas qu’il ne sait pas pourrait être le plus heureux des hommes. Rempli de certitude, il ne doute pas, ne se remet jamais en question. Il fait en permanence de l’autosatisfaction. Ignorer c’est être inconscient puisque c’est ne pas savoir que l’on ignore. L’ignorant est finalement inconscient de lui-même. Et, en principe, l’ignorant n’est pas heureux car il se heurte en permanence aux autres ; il vit dans la peur, dans la limitation, en prisonnier.

La solution : se connaître soi-même

Heureusement, diverses techniques de bien-être, de développement personnel, visent à emmener l’homme au-delà de ce voile de l’ignorance. Elles nous font progresser de l’ignorance vers la sagesse, c’est-à-dire vers une élévation de conscience.

Il s’agit d’abord de prendre conscience de soi, de qui l’on est vraiment, au fond de soi, puis d’oser vivre en tant que tel.

Le moi a une forme, c’est le corps. Le corps est mon incarnation. Il est le premier moyen par lequel je peux chercher à me connaître. Je peux connaître le moindre aspect anatomique, sentir le moindre de mes muscles en pratiquant, par exemple, le yoga, les arts martiaux où la danse. Ces pratiques sont toujours couplées avec des exercices de méditation et elles sont souvent elles-mêmes des méditations par la maîtrise du souffle, du mouvement et donc de la pensée. Car finalement, la plupart du temps, je ne suis que ce que je fais et donc ce que je désire faire.

Se connaître, c’est alors connaître les désirs qui agitent le corps sans les juger.

Dans certaines pratiques, le corps doit être maîtrisé ; par exemple, lors de la méditation où l’assise verticale, les jambes pliées en lotus et les mains sur les genoux sont de rigueur.

Il s’agit aussi de se libérer de l’égo. Il s’agit de comprendre l’impermanence de toutes les choses, objets ou sujets qui composent l’univers. Il s’agit donc de prendre conscience que nous mourrons.

La connaissance de soi passe aussi par la connaissance de ses propres émotions ou tendances qui figent l’esprit.

Se connaître est avant tout un oubli du « je » qui n’est que l’illusion du désir, de la volonté.

Se connaître, c’est faire coïncider la force de vie qui gît en nous de par notre « création » avec l’absolu présent en nous, le Moi profond, le soi.

Dans la Bible, le connais-toi toi-même est présent dès la genèse puisque Dieu fait l’homme à son image. Cela signifie que si l’homme apprend à se connaître, il connaîtra le principe absolu dont il est modelé, il prendra conscience que le divin est en lui.

Pour accueillir l’absolu comme étant soi, il faut, comme dans l’hindouisme, se détacher des passions, se libérer du monde. Le temple de l’âme doit se libérer de tous les obstacles qui sont l’attachement au moi et l’ignorance

S’isoler du monde, des autres, permet de porter son regard uniquement sur soi-même. Il est difficile de voir sa propre ignorance, et c’est par la réflexion, l’observation de soi, l’œil tourné vers son propre ciel intérieur que l’on peut s’en débarrasser.

Est-il possible de se connaître sans les autres, qui peuvent être un miroir (déformant, parfois) de notre moi profond ?

A quoi peut servir cette connaissance sans l’amitié, par exemple, ou l’amour ? Tous les efforts de détachement au monde et aux désirs n’apportent rien sans l’amour

Car l’autre est celui ou celle qui sert de miroir. Sans l’autre, le miroir me renvoie une illusion de moi, mais avec l’ami, le conjoint, le frère, le parent, l’autre moi, la Connaissance peut se faire de façon directe et juste, face à face. Avec l’amour, la Connaissance peut se déployer de l’intérieur (moi) vers l’extérieur (les autres), circuler librement et prendre en puissance.

Le miroir peut refléter la beauté divine que je vais forcément trouver en moi, tout comme le visage de l’autre qui est aussi fait à cette ressemblance.

Pour trouver le divin en soi, il faut porter le regard sur ce qui est semblable au savoir et au divin dans le visage de l’autre.

L’ignorance est l’obscurité. Le divin est la Lumière, la Connaissance.

Le fait est que le visage est une zone plus lumineuse à laquelle le regard s’attache facilement. Car c’est dans les yeux et sur le visage que se reflète la connaissance de soi, par une certaine luminosité. Certaines personnes sont lumineuses.

L’ignorance me fait voir ce que je cherche comme un chaos que je ne peux encore décomposer, comme une lumière encore enveloppée des plus épaisses ténèbres.

Sortant des ténèbres de l’ignorance et de l’erreur, je ne peux m’accoutumer que petit à petit aux nouvelles notions que je ne fais qu’entrevoir et dont je ne peux, que par étape, me faire une idée juste et suivie.

Le chercheur de vérité se libère du moi et atteint l’absolu, le soi, c’est-à-dire l’unité de l’existence et de la Connaissance.

Il vit alors l’expérience libératrice de la béatitude.

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